Nous sommes toujours le pays des droits de l’Homme

NoirUne micro-nouvelle qui aurait tout donné pour ne jamais exister.

Il marche dans les rues de Paris. Dans sa tête remonte les paroles d’une chanson « je ne reconnais plus ni les murs ni les rues ». Pourtant ici les murs et les rues n’ont pas changé. Rien n’a changé. Mais il lui semble que 128 fantômes l’accompagnent. Il voit les fils et filles de…, les ami(e)s de…, les parents de… Tout ses personnes courir et s’effondrer. Il voit leurs corps en filigrane qui se vident de leur sang sur le trottoir. Il voit tous ces gens qui sont morts les mains vides face à la barbarie.

Il essaye de remonter le temps, de les imaginer riant, un verre à la main à la terrasse d’un café. Il essaye d’insuffler un peu de vie à ses pensées. Mais rien ne vient qu’un grand vide qui lui donne envie de pleurer. Son imagination est abîmée, mutilée.

Il a peur aussi. Il a peur des messages de haine qui demain recouvriront Paris. Il a peur de ces gens qui réclameront le prix de sang. Il voudrait leur dire qu’il n’y a pas d’issue dans la haine, qu’elle n’a jamais de fin, qu’elle se nourrit de ce qui fait de nous des humains jusqu’à ce qu’il n’en reste rien. Mais sa voix lui paraît si fragile.

Hier il n’a perdu personne. C’est juste un petit morceau de son humanité qui s’en est allé.

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