Et si Louis XVII avait un jumeau…

La micro-nouvelle qui vous raconte le destin d’un jeune dauphin de 10 ans : Louis XVII
revolution francaise
©unslpash / Rachel Davis

Simon jeta un coup d’œil à sa femme. Dans le coin opposé de la pièce, cette dernière, le dos résolument tourné à son époux, martyrisait un pauvre morceau de viande qu’elle assouplissait depuis un bon quart d’heure. Le corps raide, son humeur ne faisait aucun doute. Simon soupira et reposa la semelle qu’il rapiéçait minutieusement :

– Je t’en prie femme, cesse de me punir, je n’y suis pour rien. Ce n’est pas moi qui décide où il doit vivre.

– Ce n’est qu’un enfant Simon ! Quand tes amis aux belles idées sont-ils devenus des bourreaux d’enfants ?

– Oh arrête de dramatiser ! Il n’est pas mort enfin, il est juste… juste…

– Juste enfermé dans un cachot sordide et froid où il ne voit personne depuis des mois. Vous auriez eu plus de charité en lui coupant la tête, au moins il ne souffrirait plus.

– Il est dangereux Adèle.

– Il a 10 ans Simon. De quoi avez-vous peur ? Qu’il vous vole vos jouets ? Qu’il t’enfonce une épée dans les tripes ? Il pourrait à peine soulever un poignard !

– Ce n’est pas si simple ! Est-ce que tu te rends compte que nous vivons dans un monde que nous ne connaissons plus.

– Écoute-moi bien Simon Tagnard, tu vas sauver cet enfant et vite sinon tu n’es plus mon mari.

Sans plus ajouter un mot, elle se retourna. La conversation était close.

Simon lança un regard au dos de sa femme où se mêlait colère et honte, se leva, attrapa une paire de godillots et sortit.

Lire la suite « Et si Louis XVII avait un jumeau… »

Publicités

…Dans ton cul


 La micro-nouvelle qui vous explique comment faire passer le hoquet.
flash-fiction - Dans ton cul
©gratisography

C’était un matin brumeux d’une banalité morne et humide. Ce matin-là, comme tous les autres, du lundi au vendredi, le réveil de Roger ( Mimiche pour les copains) sonnait à 4h. Roger était comme le matin : d’une banalité à pleurer. Grande gueule, castagneur, macho, un homme, un vrai, avec des poils et des auréoles sous les bras. Ce matin-là donc ne différait en rien, excepté par la contraction involontaire de son diaphragme et autres muscles inspiratoires. Plus simplement, Mimiche avait le hoquet, ce qui le mit de fort méchante humeur. Il engueula sa fille, mis une tarte à sa femme et se sentit tout de suite mieux. Seulement le hoquet ne passa pas. La journée entière, la semaine, le mois… Roger n’en pouvait plus, les crises étaient si violentes qu’il en vomissait tripe et boyaux. Il se mit à perdre du poids et ses dents sous l’effet de l’acidité gastrique.

Il essaya tous les remèdes de grand-mère connus : grand verre d’eau la tête à l’envers, sucre trempé dans du vinaigre, glaçon sur le nombril, massage du palais… Absolument rien ne fonctionna. Il réussit seulement à devenir le con de son groupe d’amis qui s’amusaient beaucoup à lui faire faire toute sorte de chose en lui assurant que « le remède était infaillible pour les hoquets persistants ». Le jour où il fut assez désespéré pour se retrouver en slip avec une tulipe dans l’oreille signa la fin de leur amitié.

Et le début d’un long parcours médical. Roger consulta à tout va généralistes et spécialistes. Traitements et examens médicaux s’enchaînèrent sans aucun effet. On rechercha toutes les causes possibles mais il fallut se rendre à l’évidence, physiquement rien ne clochait. En désespoir de cause, on lui conseilla le psy et Mimiche tapa dans un mur, le psy c’était pour les lopettes. Lire la suite « …Dans ton cul »

Et si on était le lundi 3059 mars…

La micro-nouvelle qui passe la nuit debout.

Lundi 41 mars

Lundi 3059 mars
©gratisography

C’est étrange comme je me sens seule. Comme d’habitude je me suis réveillée trop tard et l’histoire s’est écrite sans moi. Mon regard erre d’une canette de bière à un cageot désossé. Je traîne mes savates dans l’air frisquet du petit matin. Entre ombre et lumière, le bruit de machine à laver du balai brosse accompagne mon pas d’humaine perdue. Au milieu de la place, j’aperçois les seules rescapées : quelques fleurs qui déploient leurs pétales gorgés de rosée sous un rayon de soleil encore timide. C’est comme une allégorie : à la fin, quand on aura rangé tous nos espoirs au fond d’une boîte, il ne restera qu’elles, fragiles et indociles.

Je me détourne et les abandonne à leur triste sort. Je lui fais face maintenant. Pour beaucoup c’est du vandalisme… Moi je la trouve belle, avec ses tags et ses affiches, ses dessins et ses bougies. Ça la rend plus humaine toutes ces cicatrices, ça la rend rebelle, un peu comme si elle disait merde à toutes ces statuts grecques trop propre sur elles. C’est comme si elle leur disait « Moi j’ai vécu Charlie, le 13 novembre, Bruxelles et je suis encore debout toute la nuit. Ça m’a abîmée mais c’est quand même moi qu’il préfère. C’est accroché à mon sein qu’ils viennent réclamer du pain. C’est sur mes épaules qu’il se sente assez fort pour défier l’ordre et les puissants ». Mais là, sur la place déserte, elle a l’air triste et désabusé. Ou alors c’est moi ?

Lire la suite « Et si on était le lundi 3059 mars… »

Et si vous n’aviez pas suivi la carte

La micro-nouvelle qui n’a pas su protéger ses enfants.

flash fiction et si vous n'aviez pas suivi la carte
©lukas budimaier unsplash

Un petit bruit sourd claqua et un flot de liquide pétillant jaillit de la bouteille. Trois coupes s’approchèrent du goulot pour prélever le précieux nectar.

Erwin : Alors vous déménagez quand ?

Mathias : Officiellement, elle est à nous depuis hier mais on va attendre les prochaines vacances scolaires pour faciliter la transition pour Dom. Cécile reste ici et je pars en éclaireur.

Nadia : En tout cas, les photos sont sublimes. Toutes ces boiseries, ça fait rêver !

Mathias : Et pour le quartier, on a vraiment fait une affaire.

Nadia : Et pour la scolarité vous avez vérifié ?

Cécile : On a même visité le lycée. C’est vrai que ce ne sera que dans 8 ans mais c’était un critère extrêmement important pour nous. Il a de très bons résultats au bac. Les règles sont strictes. On est aux anges !

Mathias : Moi j’ai surtout regardé la côte du club de tennis mais Cécile n’a rien laissé au hasard. Une maison parfaite dans une ville parfaite. On a même rencontré le prêtre. Le type est jeune, sympa. C’est lui qui s’occupe du catéchisme. Lire la suite « Et si vous n’aviez pas suivi la carte »

Et si… Votre miroir pouvait prédire le jour de votre mort

©unsplash
©unsplash

Ce serait génial non ? En tout cas c’est ce que pensait Jimmy Nable lorsqu’il acquit cette petite merveille pour la modique somme de 148 500$ et quelques services. Jimmy était ce qu’on pouvait appeler un puissant. Il avait fait fortune dans les placements boursiers et vivait assis sur une fortune qui se chiffrait en milliards de dollars. C’était un homme dur qui n’avait pas fait dans la subtilité pour se tailler sa part du gâteau.

Et puis, à 55 ans, un infarctus avait failli l’emporter et soudain il s’était senti vulnérable. Quand son chirurgien lui avait fait la liste des restrictions, il avait balayé ses conseils d’un revers de main. On n’arrêtait pas une vie d’excès à son âge. Il n’avait donc rien changé à son mode de vie. Mais peu à peu la peur avait commencé à lui ronger le bide gâchant ses magnums de champagne et ses rails de Coke.

Un soir, tard, alors qu’il végétait devant la télé la respiration lourde, il était tombé sur un reportage qui parlait d’un miroir capable à partir de son haleine, de la couleur de son teint et d’un tas d’autres trucs techniques de déterminer son état de santé. Ce n’était encore qu’un prototype, l’objet n’était prévu à la commercialisation que dans plusieurs mois. Mais ce genre de détail ne l’arrêtait pas. Il avait décroché son téléphone, fait un chèque et trois semaines plus tard reçu le colis.

Depuis le rituel était toujours le même. Tous les matins il se plantait entièrement nu devant et prononçait la phrase qu’il avait choisi pour démarrer la machine : Lire la suite « Et si… Votre miroir pouvait prédire le jour de votre mort »

Et si… Notre ministre de la justice avait 12 ans

Adulte en pyjamas rouge, un ours en peluche à la main
©gratisography

Une micro-nouvelle qui va vous donner envie de manger des brocolis

– Le jury a rendu son verdict !

La foule se presse pour rentrer à l’intérieur de la salle d’audience. Les flashs des journalistes blanchissent le visage déjà pâle de l’accusé. Il n’y a plus aucune place assise. Le procès le plus médiatique depuis  une bonne décenie se termine aujourd’hui.

. Chacun y va de son pronostic, chaque clan défend ses arguments.

Le juge impassible frappe son marteau sur le socle et change les cris en murmures puis en silence.

– Compte tenu de la gravité des faits qui vous sont reprochés Mr Gleume, je souhaitais m’exprimer avant que vous n’entendiez le verdict. Lire la suite « Et si… Notre ministre de la justice avait 12 ans »

Et si… on transformait le Nord-pas-Calais en champ de Cannabis

Mante religieuse fumeuse
©gratisography

La micro-nouvelle à lire sous influence.

– Et si on vendait de la drogue !

– Très drôle « Michel » ! C’est un conseil des ministres pas un concours de blague.

– Je suis sérieux, l’économie est au plus bas, la France est en train de devenir un pays pauvre, il ne nous manque plus que le Palu !

– Bon ça suffit. Je crois que tout le monde estencombrants on en reste là pour aujourd’hui.

François se leva et se dirigea à pas lent jusqu’à son bureau. Les bras dans le dos, il appuya son front contre la vitre froide et regarda les gens aller et venir dans la cours de l’Elysée puis il prit une décision. Le pas soudain vif, il alla jusqu’à son bureau et décrocha le téléphone : Lire la suite « Et si… on transformait le Nord-pas-Calais en champ de Cannabis »